Un cheminement en lacets

  • 18 mars 2026

Actualités du réseau Activités physiques et sportives Jeunesse Prévention

Aujourd’hui, nos structures éducatives sont de plus en plus confrontées à des problématiques liées à l’évolution des comportements des enfants, des jeunes, voire des parents parfois.
Trouver des solutions adaptées est toujours délicat.
L’impression de manquer des compétences spécifiques requises, d’être confrontés à la réalité d’un autre métier…

Les ressources locales spécialisées sont alors une porte ouverte vers l’appréhension de ces problématiques.

En Ariège, les associations d’éducation populaire forment leurs personnels à ces questions, en interne et le pôle ressource handicap piloté par les PEP représente une aide précieuse.

« Les lacets »

Mais, en complément, d’autres formes originales, d’autres « pas de côté » sont possibles. Nous avons rencontré récemment l’association « les Lacets », implantée à Ferrières-sur-Ariège, qui développe une approche originale au travers de la randonnée en montagne.

Et si les chemins en lacets dans la montagne pouvaient aussi répondre à l’accueil d’enfants, de jeunes, de familles à besoins spécifiques…?

Alliant la double compétence professionnelle de l’accompagnement en montagne et de l’éducation spécialisée , cette association propose en effet des sorties en montagne pour des enfants ou des adultes en situation de fragilité (comportements déviants, exclusion sociale, placement, problématiques d’addiction, handicap, …). La randonnée est, pour ses responsables, un outil socio-éducatif et d’insertion permettant à toute personne de trouver un nouvel élan.

Les actions et sorties proposées s’appuient sur les envies des personnes, ou structures, accompagnées. Un vecteur de cet accompagnement, celui de la transmissions des passions naturalistes qui animent les professionnels de l’association : observation des empreintes d’animaux dans la neige en hiver, écoute des chants des oiseaux au printemps, les odeurs de la montagne en été ou encore la sensation de marcher dans les feuilles mortes en automne…in fine, une approche respectueuse de l’environnement. Par cette approche sensitive et naturaliste, les personnes vivent des moments dans le présent, à la découverte de nouvelles sensations et connaissances sur le monde qui les entoure. Une opportunité également de laisser s’exprimer les émotions, d’arriver à y mettre des mots dessus, de s’autoriser à, de se transcender dans l’effort et dans la relation d’aide parfois.

Chaque projet a la particularité de s’adapter au besoin exprimé et d’être la résultante d’un travail de co-construction et de coopération pour une appropriation totale.

La montagne et la randonnée sont ici des outils de médiation très intéressants, qui peuvent, en s’adaptant, être accessibles à tous et à toutes. L’accès à la nature est associé à de nombreux bienfaits mesurés : bien-être, confiance en soi, construction personnelle, santé physique et psychique.

Si l’association a travaillé avec de nombreuses structures médico-sociales, les méthodes développées nous semblent aujourd’hui complètement adaptées à des structures éducatives, plus généralistes, mais qui sont confrontées à l’accueil d’enfants ou de jeunes à besoins spécifiques ou qui sont amenées à réfléchir à des actions enfants/parents pouvant également répondre aux difficultés rencontrées.

Témoignage

Voici un exemple au travers du récit d’un projet encadré par l’association, dans le Couserans, avec le club de prévention toulousain de la Faourette

Ce séjour accueillait 3 jeunes de 11 à 25 ans en proie à l’isolement, à la déscolarisation ou à la marginalisation.

1er jour : de Frechendech à la chapelle de l’Isard,
2ème jour : montée au Pic de Crabère puis cabane de l’étang d’Araing,
3ème jour : retour.

Impact du séjour vu par un jeune

“Cet été, j’ai eu la chance de passer un séjour à la montagne avec un petit groupe. Pendant ces quelques jours nous avons découvert des paysages magnifiques, de grandes montagnes, des forêts et des panoramas vraiment impressionnants. C’était un endroit calme et très beau.
Au fil du séjour, je me suis beaucoup attachée aux personnes du groupe. Nous avons partagé de bons moments ensemble, ce qui a rendu l’expérience encore plus agréable.
Nous avons aussi beaucoup marché. Les randonnées demandaient parfois beaucoup d’efforts, mais cela valait vraiment le coup. À chaque fois que nous arrivions en haut, la vue était incroyable et nous faisions une pause pour admirer le paysage.
Pendant nos balades, nous avons vu plusieurs animaux et nous avons appris beaucoup de choses sur les plantes et l’environnement qui nous entouraient. Ce séjour a été une expérience incroyable, pleine de découvertes et de souvenirs, que je n’oublierai jamais.”

Impact du séjour vu par l’encadrante

“Je pense que l’impact du séjour pour les jeunes a été de découvrir les capacités physiques qu’ils avaient et, à travers ça, une vraie fierté venant leur donner confiance en eux. Le premier jour, au bout de 30 minutes de marche, la fameuse question “on est bientôt arrivés ?” est sortie. Avec des sacs lourds de bivouac, cela faisait déjà beaucoup. Pourtant le lendemain, c’est eux qui ont voulu atteindre le sommet du Pic de Crabère (qui n’était pas au programme), faisant une ascension de 1300m de dénivelé positif. Jamais ils ne se seraient imaginés capables de faire ça, et pourtant ils l’ont fait ! 
Ils ont également été plongés en dehors de leur zone de confort : des sacs à porter, pas de douches ni de toilettes, des nuits dans des cabanes, des repas cuisinés sur des réchauds, … Tout cela était bien loin de ce qu’ils connaissaient à Toulouse et à travers cela ils ont aussi pu apprendre à s’adapter à ces situations nouvelles et même à les apprécier puisque l’on repart pour un autre projet cette année !”