Pour une valorisation des métiers de l’animation

  • 15 avril 2026

Actualités du réseau Métiers de l'animation

Dans le cadre du projet départemental pour des politiques éducatives concertées 2017-2021 nous faisions le constat que, dans les accueils périscolaires déclarés ariégeois, au moins 75% des animateurs n’étaient pas titulaires de diplômes professionnels.
Les structures éducatives départementales employaient alors près de 1000 salariés dont seuls 40% étaient à temps plein.
Ce constat rejoint celui fait par l’INJEP, dans une étude plus récente (2024), qui mentionne que 7 animateurs sur 10 possèdent un diplôme ne dépassant pas le baccalauréat et que seuls 21% déclaraient avoir un diplôme supérieur de niveau bac+2, a minima.
La même enquête relate que les conditions d’emplois des animateurs sont souvent marquées par des contrats courts (42% cdd) et du temps partiel (53%) non choisi pour près de la moitié.

De niveau départemental des actions ont été menées avec notamment l’organisation de deux sessions de BPJEPS et de 5 sessions de CQP. Des informations à destination des employeurs avaient également été engagées sur l’importance de l’existence de plans de formation, en tant que stratégie de développement de la qualité de l’action éducative sur les territoires.
D’autre part, depuis la mise en place d’une aide locale, la CAF a permis à un nombre croissant de personnes de se former au BAFA (2022 : 19 dossiers ; 2023 : 51 ; 2024 : 69 ; 2025 : 95).

Mais quel est l’impact aujourd’hui de ces actions ? Quelle est l’évolution des constats fait alors ? Quelles actions pouvons-nous mener collectivement de niveau départemental pour valoriser ces métiers de l’animation aujourd’hui tant décriés ?

Dans le cadre du projet départemental pour des politiques éducatives concertées, un collectif de professionnels, d’horizons pluriels, a décidé de se pencher sur ces problématiques.

Mais quelles sont-elles réellement ? Quels constats sont faits sur le terrain ?

  • Manque d’attractivité du métier
  • Rémunérations faibles entrainant des situations de précarité
  • Accès aux financements formation opaques ou peu existants
  • Manque de mobilisation de lieux d’apprentissage
  • Manque de lieux d’accueil de stages en péri et extrascolaire
  • Faible reconnaissance du métier
  • Faible connaissance du métier
  • Temps de travail fragmentés et décalés
  • Peu de diplômes professionnels
  • Absence de volontés politiques, de plans de formation adaptés aux besoins repérés
  • Communication à des fins de valorisation du métier peu existante
  • Offre de formation continue peu utilisée
  • Perte de sens sur la raison d’être du métier et sur l’animation socio-culturelle en général
  • Des conditions de travail et des rémunérations différentes d’un lieu à un autre
  • Un BAFA qui doit être requalifié en outil d’engagement et non en diplôme
  • Une reconnaissance de la formation Bac pro animation en perte de vitesse (moins d’équivalences reconnues). Quelle continuité ? quelle valorisation de cette formation initiale ?
  • La ruralité entraine des choix de vie différents parfois et un attrait pour des temps partiels
  • La mobilité est un frein à l’acte de formation
  • Une difficulté à se loger avec des rémunérations trop basses
  • Problématiques de santé mentale de plus en plus prégnantes
  • Pas ou peu de reconnaissance des temps de préparation, des temps de formation.
  • Décalage sur le BPJEPS entre attendus et réalité des pratiques
  • Peu de mutualisations de postes

Face à ces nombreux constats, le collectif a décidé de s’emparer de deux sujets potentiellement susceptibles de faire tremplins et d’apporter des réponses concrètes :

  • La mise en vie d’une expérimentation qui favoriserait à la fois une valorisation de l’existant, une reconnaissance du métier, une implication des habitants pour un réel projet éducatif partagé : Le développement d’une nouvelle structure éducative, intégrée au territoire, vectrice de lien social, ouverte aux habitants, intergénérationnelle et bénéficiant d’une communication renforcée autour de ces enjeux, atouts et impacts. Elle génèrerait également la mise en place d’une nouvelle formation professionnelle en phase avec les besoins correspondant à l’animation d’un bassin de vie au travers d’une structure éducative et sociale.
  • La création d’un observatoire de l’animation socioéducative et culturelle en Ariège pour en mesurer l’impact