La Colo de Castillon-Tarnos – Épisode 2 de la petite histoire

  • 18 janvier 2026

Actualités du réseau Rubri'colo

Ce qui primait à Castillon Tarnos, c’était le climat relationnel. Les activités étaient un prétexte en fait. Même la plage, activité pourtant dominante, était la plaque tournante où se tissaient des liens, où naissaient des amitiés, où s’établissait la confiance.

Les relations qui animaient les enfants entre eux, les enfants avec les adultes ou encore les adultes entre eux étaient extrêmement constituantes, c’était une vraie richesse.

« Aujourd’hui, dira Dan, j’ai l’impression que ce n’est plus le cas. C’est le règne de la « colo conso », où la motivation est proportionnelle à la quantité d’activités proposées, kayak, escalade, surf…mais en fait, quand on y réfléchit, c’est à l’image de la société dans laquelle on vit qui s’étiole peu à peu. C’est l’intérêt individuel qui prime au détriment de l’intérêt collectif…c’est l’économique qui prime sur le politique ».

A la colo de Castillon, c’était la vie quotidienne qui était l’activité majeure.

D’ailleurs, se souvient Norbert, c’était presque la même ambiance qui régnait au centre de loisirs qu’il encadrait dans la foulée au mois d’Août à Foix. Y étaient accueillis entre 250 et 300 enfants, dont certains connaissaient Castillon, d’autres non. Mais ce qui régnait c’était la même qualité relationnelle, le même climat de confiance mutuelle, une interconnaissance, un lien fort avec les familles également qui étaient de ce fait elles aussi en confiance.

Aujourd’hui n’est-ce pas un manque d’interconnaissance et de confiance, une continuité de l’action notamment, qui font défaut aux colos? Inscrire son enfant à une offre extérieure peut paraitre risqué, peu rassurant voire inquiétant pour les familles parfois.

Mais à l’époque, ce que nous avons en tout cas ressenti de l’esprit de Castillon-Tarnos au travers de cette rencontre avec Dan et Norbert, c’était incontestablement le règne d’une dimension collective, d’un projet porté de concert par des professionnels et notamment par beaucoup d’enseignants, par des bénévoles issus de la société civile, par des institutions, par des familles …. Ils œuvraient toutes et tous main dans la main avec un vrai engagement politique, un vrai enjeu de société.

« La formation des enseignants à l’école normale, c’était une formation militante permanente, dira Norbert. Quand tu en sortais, tu étais porteur de valeurs et non seulement de Français ou de Sciences. Ça ne date pas de cette époque-là cependant, ça remonte à la fin du 19e siècle. C’était alors l’émergence de la république. C’est eux qui l’ont porté au fond des vallées. À l’époque, les enseignants étaient secrétaires de Mairie, ou maires. C’était une puissance militante qui n’existe plus aujourd’hui, il ne faut pas l’oublier ! »

De la nostalgie ? Peut-être, peut-être pas…De quoi amener en tout cas matière à réflexion à ceux et celles qui sont aujourd’hui persuadés qu’il est nécessaire de redonner leurs lettres de noblesses, aux colos, aux séjours, aux classes de découverte… de les reconnaitre en tant qu’objets éducatifs à part entière, en tant qu’outils incontournables et à nul autres pareils, tant ils sont le socle d’un apprentissage du vivre ensemble utile aujourd’hui à une société en perte de sens.

Nous sommes faits de notre histoire passée ; les colos d’aujourd’hui ne devraient-elles pas être faites de l’expérience de celles d’hier ?