“J’ai eu l’occasion de collaborer avec Pierre Escaffit à plusieurs reprises, comme beaucoup d’acteurs de « Territoires Educatifs 09 », sans doute.
Le portrait réalisé ici se lit de manière transversale au travers de l’expérience professionnelle de Pierre et de son récent choix de développer une activité associative au service des jeunes.
Éducateur spécialisé, animateur, infographiste, touche à tout, le voilà par conséquent lancé dans une nouvelle aventure.”
Bonjour Pierre, tu es un des maîtres d’œuvre d’une nouvelle association : « Regards Croisés ». Peux-tu nous présenter ses objectifs ?

L’association « Regards Croisés » inscrit son action dans l’héritage de l’éducation populaire, en plaçant au cœur de son projet l’émancipation, la participation citoyenne et l’expression des jeunesses. Convaincue que chaque jeune doit pouvoir trouver une place active dans la société, l’association met en œuvre des actions fondées sur trois piliers : l’éducation populaire, l’audiovisuel et le sport.
À travers ces domaines, « Regards Croisés » souhaite créer des espaces où les jeunes peuvent réfléchir, s’exprimer, débattre, expérimenter, et devenir acteurs de leurs parcours individuels et collectifs.
Des projets particuliers ?
Pour cette année de lancement, l’association amorce différentes actions.
Tout d’abord, la réalisation d’une émission radio jeunesse mensuelle intitulée… « Regards Croisés » bien sûr et dont les objectifs sont d’apporter un espace d’expression libre et d’informer la jeunesse sur les dispositifs et aides qui leur sont destinés.
À la croisée des chemins entre une émission d’information et de débat, nous souhaitons créer un podcast numérique accessible et inclusif, alimenté de façon régulière pour que chaque jeune puisse accéder à son contenu.
C’est aussi des ateliers de « sport solidaire » que nous souhaitons mettre en place, notamment auprès d’un public jeune en situation de handicap mental. Éducateur.trices spécialisé.es de formation, nous souhaitons faire des ponts entre différents publics. C’est pourquoi, nous avons l’objectif de diversifier les publics lors de ces actions de sport solidaire en incluant ainsi les jeunes inscrits aux missions locales du département et les jeunes vivants au sein des Instituts Médico Éducatif.
D’autres projets sont en cours de réflexion bien sûr, mais pour le moment nous nous focalisons sur ces deux actions pour lancer notre activité dans le tissu associatif local.
Nous avons collaboré ensemble sur « fenêtres sur l’engagement », qui est mis en ligne sur le site du SDJES09 et celui de « Territoires Educatifs 09 » : un mot sur ce documentaire interactif ?
Fenêtres sur l’engagement, c’est le premier projet pour l’association RC, réalisé à partir du logiciel Genially, il retrace l’ensemble des informations sur l’état du service civique actuel. L’idée était de rassembler des témoignages audios et faire un état des lieux succinct, se rapprochant de la réalité du terrain, au sujet du service civique en Ariège.
Pour cela, on a pu interviewer des professionnels, des jeunes et un élu pour essayer de se rapprocher de la réalité et pouvoir donner un maximum d’informations aux futurs jeunes souhaitant commencer une mission de volontariat.
C’est un outil qui représente bien les possibilités de prestations que propose l’association, à savoir un produit entièrement personnalisable et développé à partir d’un large panel de compétences propres (conception et enregistrement des interviews, montage audio, conception graphique du design du document, incorporation des audios et de l’interactivité du document).
En espérant que ce document puisse trouver son public et qu’il fasse sa vie dans le tissu professionnel local.
Qu’est qui t’a conduit sur ce projet ?
L’envie d’un tel projet, je pense que je le définirais en plusieurs points. Tout d’abord, le fait que j’ai eu la chance de pouvoir faire des formations civiques et citoyennes par le passé, ce qui m’a donné une appétence pour ce dispositif. J’en connais les ficelles et les impacts sur les parcours de vie, c’était à mon sens nécessaire d’en favoriser la promotion.
De plus, j’ai moi-même utilisé le service civique pour me sortir d’une situation de flou dans mon propre parcours professionnel. Je trouve que c’est une chance pour la jeunesse qu’un dispositif de ce genre demeure, quand on voit que la société actuelle peut rendre difficile les parcours, de vie et professionnels des jeunes, notamment sur les domaines de l’insertion et de l’engagement.
Et pour finir, c’était aussi mon côté éducateur je pense, permettre de favoriser l’accès à l’information et donner des moyens d’émancipation à des jeunes qui seraient dans le besoin, c’est quelque chose qui me tient à cœur. Sans parler d’une de mes passions qui réside dans l’art et le graphisme, j’aime travailler des designs et inclure des projets pédagogiques à l’intérieur.
Ton parcours professionnel est très diversifié… qu’en retiens-tu finalement ?
Je pense que j’en suis qu’au début encore, j’ai eu quelques expériences mais en soi je suis encore jeune et j’ai clairement plein de choses à apprendre. Après c’est vrai que j’aime me diversifier dans mon travail et inclure mes passions personnelles dedans. C’est la chance qu’on a dans le social, chaque loisir, chaque passion peut être travaillée pour y insérer des dimensions pédagogiques et éducatives. Donc ça m’encourage parfois, de savoir que le temps que je mets à travailler sur le montage audio, sur le dessin, sur la pratique d’un instrument, ce sont des choses que je peux transposer dans mon travail par la suite et ça c’est valorisant.
Et au final, ce projet associatif, c’est la résultante de toute ces choses, un rassemblement de ce que j’ai aimé faire dans mes anciens métiers, ce que j’ai pu retenir de mes anciennes formations et études et puis un complément de mes passions que j’essaye de transposer dans un projet associatif qui fait sens.
J’aimerai aussi que tu décrives le projt AJIR, que tu as mené dans le cadre de TE09.
Alors le projet AJIR, c’était déjà un projet dit “expérimental”. TE09 avait répondu à un appel à expérimentation de l’INJEP sur la jeunesse en milieu rural. Le projet que nous proposions s’appuyait trois grandes thématiques à savoir, l’accompagnement personnalisé des jeunes de 16 à 30 ans dans leur parcours de vie, le développement d’espaces d’expressions libres et puis l’encouragement d’un “dialogue structuré” entre la jeunesse et les élus locaux.
C’était beaucoup, pour des moyens humains assez réduits, mais pour moi en tout cas cette mission a été un vrai tremplin professionnel. Ça m’a donné envie de travailler dans le secteur de la jeunesse, de faire un mélange entre ma formation dans le social et ma découverte de l’éducation populaire, et donc notre projet associatif d’aujourd’hui en est le résultat.
On était 3 technicien.nes sur ce projet et l’objectif général était de créer une méthodologie pour l’étendre à tout le département. Alors, malheureusement il n’y a pas eu de suite, faute de financements dédiés, mais les bilans de cette expérimentation ont, à mon sens, pu apporter pas mal de clefs de lecture pour développer le milieu professionnel autour de la jeunesse en Ariège.
Toutes les informations sont disponibles sur le site de « Territoires Educatifs 09 » et un classeur est ressorti de ces 3 ans d’expérimentation. C’est un outil accessible à tous, à destination des professionnels et qui retrace l’ensemble des actions qu’on a pu mener et des outils que l’on a pu créer ou mettre en oeuvre.
Un dernier mot, plus personnel, sur tes loisirs, tes passions ?
Comme j’ai pu déjà l’évoquer, j’aime l’art, la musique, la lecture, le graphisme, c’est des passions qui pour moi me sont utiles dans la vie pour gérer mes émotions etc… mais aussi pour mon travail. J’aime rendre l’art, éducatif. Je trouve que c’est un formidable outil d’expression et d’émancipation.
